LE MUSULMAN ET LES EPREUVES

 
Les épreuves atteignent indifféremment tous les êtres humains, sans distinction, a cette différence prés que les croyants savent qu'elles sont, pour eux, l'opportunité de se purifier de leurs pêchés alors que l'athée n'y voit que calamites et souffrances dénuées de toute portée métaphysique et vociféré contre son destin.

Ainsi, l’épreuve permet au musulman de grandir spirituellement et de développer les plus hautes vertus tout en étant récompensé par Dieu. Le prophète a dit a ce propos: "Le croyant a une destine étonnante, car tout ce que Dieu lui prédestine ne lui rapporte que du bien. Si la Fortune lui sourit, il est reconnaissant et c'est pour lui un bien; et si le mal l'atteint, il patiente et c'est également pour lui un bien."

Cependant, confronte aux difficultés d'ordre matériel, affectif ,professionnel ou qui touchent a sa santé, l'homme, de nature versatile, est enclin a oublier trop facilement tous les bienfaits dont Dieu l'a comble au point d'en devenir ingrat: devant le succès, celui-ci se montre fort et plein de fatuité mais, face aux épreuves, il est très rapidement gagne par la faiblesse et l'abattement, attitudes, du reste, mentionnées a plusieurs reprises dans le Coran:
{"En vérité, l'être est, par nature, changeant\ Il est pusillanime quand un malheur le touche \ et il est plein d'avarice quand il devient riche\ Seuls font exception les gens pieux"} [Sourate Les Degrés, Al Ma'arij, v.19-22]
{"Faisons-nous gouter a l'homme un bienfait de Notre part et l'en privons-Nous ensuite, il est alors livre au désespoir et plein d'ingratitude\ Lui faisons-Nous gouter un bienfait de Notre part, après qu'un malheur l'a frappe, alors aussitôt, il s'écrit: "C'en est enfin fini de nos malheurs!" plein de joie et de gloriole\ Seuls ceux qui patientent et pratiquent de bonnes œuvres obtiendront pardon et belle récompense} [Sourate Hud, v.9-11]

Néanmoins, les gens pieux, loin d'être désinvoltes ou orgueilleux, font preuve de gratitude devant tout ce dont Dieu les a gratifie, aussi bien dans l'épreuve que dans l'aisance: ainsi, lorsqu'un de leurs proches ou eux-mêmes est atteint de maladie, ils acceptent ce décret divin avec courage et ténacité, conscients que la vie d'ici-bas est pavée d'écueils et qu'ils doivent s'astreindre à surmonter leurs problèmes avec piète et constance afin de satisfaire leur Créateur. Dieu rappelle, a cet effet, que l'épreuve n'est qu'un test pour appréhender le degré de foi de Ses créatures: le croyant en sort donc renforce ou, au contraire, affaibli, selon la profondeur de l'engagement dont il fait preuve envers Dieu:
{"Certes, Nous vous mettons a l'épreuve pour reconnaitre ceux d'entre vous qui combattent et souffrent pour Notre Cause, et pour apprécier votre comportement} [Sourate Muhammad, v.31]

{"Certes, Nous vous soumettrons à quelques épreuves en vous exposant de temps a autre à la peur et a la faim, en vous faisant endurer quelques pertes dans vos biens, dans vos personnes et dans vos récoltes. Mais tu [Prophète] peux annoncer une heureuse issue a ceux qui souffrent avec patience\ a ceux qui, lorsqu'un malheur les touche, disent: "Nous sommes a Dieu et c'est a Lui que nous ferons retour"\ C'est sur ceux-là que Dieu étendra Sa bénédiction et Sa miséricorde, et ce sont ceux-là qui sont dans le droit chemin"} [Sourate La Vache, Al Baqarah, v.155-157]

Car, en effet, le croyant sait qu'il ne dispose pas de tous les pouvoirs susceptibles de pallier les vicissitudes de l'existence, en particulier ce qui touche aux problèmes de santé. Des lors, il prend conscience que c'est Dieu le maitre de toute chose tandis que l'être humain est voue au joug de sa destinée. Ainsi, l'homme est soumis a maintes épreuves qui sont autant de tests plus ou moins difficiles, imposes par Dieu pour distinguer les croyants des hypocrites. Or, il arrive que ces épreuves n'aient pas seulement trait a la maladie ou a la pauvreté; en effet, la bonne santé, la richesse et le prestige peuvent s'avérer difficilement supportables du fait des lourdes responsabilités qui y sont liées: par exemple, les exégètes rapportent que, lorsque la situation des premiers musulmans se fut améliorée et qu'ils n'avaient plus a souffrir des privations dues a la misère des premiers temps, certains d'entre eux concédèrent qu'ils avaient supporte avec constance et espoir l'état de pauvreté dans lequel ils avaient été plonges mais qu'il leur était extrêmement pénible de subir l'épreuve de l'aisance!
Cependant, force est de rappeler que Dieu n'éprouve Ses serviteurs qu'en fonction de leurs capacités et de leurs forces physiques et spirituelle. Ainsi, chaque homme est différent et n'est pas censé avoir autant de force de caractère, de courage et de foi que ses congénères. Aussi, Dieu qui connait mieux que quiconque le potentiel de Ses créatures, n'éprouve jamais le croyant au point d'épuiser sa foi; au contraire, il le soumet aux épreuves qu'en fonction de ce qu'il peut effectivement supporter, le Coran y fait d'ailleurs allusion:
{Dieu n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité} [Sourate Al Baqarah, La Vache, v.286]

Bref, les épreuves ne sont pas des punitions infligées aux croyants mais constituent pour eux l’opportunité de renforcer leur foi dans l'adversité, de neutraliser en eux toute velléité de puissance et d'orgueil tout en les purifiant de leurs fautes. Le Prophète a profère a ce propos: "Les plus éprouves sont les prophètes .Apres eux, ce sont les hommes les plus méritants et ainsi de suite. L'homme est éprouvé selon la grandeur de sa foi. S'il est ferme dans sa religion, ses épreuves sont alourdies; s'il est faible dans sa foi, elles sont allégées. En vérité, les épreuves ne cessent de frapper le croyant jusqu'a ce que celui-ci marche sur Terre, exempt de tout pêché" (Bukhari)

En définitive, le musulman doit recevoir ce qui lui arrive comme étant une part de ce qui lui est destine dans ce bas monde, sans pour autant faire preuve de fatalisme et sombrer dans l'apathie. Il ne doit pas se considérer comme une victime, ni croire qu'il est abandonne de Dieu, encore moins se révolter contre Lui. Bien au contraire, c'est le signe que Dieu l'a distingue pour le purifier de ses pêchés et le rapprocher de Lui, en l'exhortant a l'humilité et en lui rappelant…… qu'il n'y a force et de puissance qu'en Dieu"!

Texte écrit par Catherine Candellier- [Khadija Abderrahmane]

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