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L'attestation
de la foi Islamique qui consiste à reconnaître qu' "il
n'y a de Dieu que Dieu et que Mohammad est Son
messager" constitue la démarche mûrement réfléchie
et volontaire par laquelle on entre dans la
communauté musulmane (la oumma) or, ce témoignage
n'est pas simplement une formule "magique" à
prononcer pour être musulman mais c'est, avant tout,
un acte du cœur qui consiste à avouer que la vie,
loin d'être stérile, a un sens et que je suis
responsable de la découvrir et de le mettre en
pratique. Cela nécessite, d'une part, que je cherche
la vérité, que je m'en imprègne et d'autre part, que
je diffuse. Cette Vérité, poser comme postulat la
présence de Dieu-c'est-à-dire reconnaître l'aspect
vertical de l'existence- et de l'actualiser dans ma
vie quotidienne. La foi, c'est donc penser et, en
même temps, agir.
En premier lieu, le musulman atteste qu'il est
soumis à la présence de Dieu, divinité unique et
qu'il Lui voue sa vie. Cela ne signifie pas que
j'adhère pour autant à la philosophie de l'être
selon laquelle la création et son ordre seraient
dûment établis et figés une fois pour toutes et que
je n'aurais qu'à attendre avec fatalisme que mon
destin s'accomplisse sans avoir nullement à agir. Au
contraire, croire en Dieu, c'est avouer
l'irrémédiable nécessite pour moi de "valeurs
absolus", non pas en dehors de moi, mais à
l'intérieur de mon être pour mettre en œuvre mon
humanité: dieu est en " en moi", sans être à moi, Il
vit dans mon cœur et dans ma tête. En effet, à
partir du moment où j'agis en me souvenant de Dieu,
l'impulsion que je donne à ma vie prend une
dimension sacrée: je dépasse, en quelque sorte, les
gestes routières et protocolaires pour "reproduire
les gestes de Dieu". Un compagnon rapporte, a cet
effet, que le prophète (que la paix et la
bénédiction soient sur lui) relate de son Seigneur
les propos suivants: "Mon serviteur ne cessera de se
rapprocher de Moi par l'accomplissement d'actes
surérogatoires jusqu'à ce que je l'aime, et lorsque
Je l'aimerai, Je serai l'oreille par laquelle il
entendra, l'œil par lequel il verra, la main par
laquelle il saisira, le pied avec lequel il marchera.
S'il Me sollicite, certes, Je lui accorderai Ma
faveur, et s'il réclame Ma protection, Je la lui
accorderai!".
Cela ne veut pas dire que Dieu s'incarne en moi mais
que je sent intiment sa présence et que je perçois
Ses signes dans la création alentour. En effet, Ses
percepts, contenus dans le Saint Coran, me donnent
la capacité de dépasser le stade infra-humain pour
développer mon potentiel spirituel, c'est-à-dire de
me rapprocher de Lui et de goûter, dès le monde
d'ici-bas, à la suavité de la foi, en développant
mes caractéristiques angéliques. Or, pour accéder à
ce stade, il incombe pour moi de me purifier
intérieurement de mes côtés sataniques, c'est-à-dire
de dominer mes passions et mes mauvais penchants par
le biais du combat spirituel jihad Al Nafs).
Or, pour accomplir une telle mission, j'ai besoin de
notions référentielles dûment établis (d'où le Coran)
et d'exemples actualisant de tels principes (En
l'occurrence, les envoyés et les prophètes).
Je vous propose maintenant de distinguer entre "envoyé"
et "prophète":
Contrairement au " messager" ("rassoul" en arabe)
qui reçoit la révélation sous forme de livre sacré,
destiné à un groupe de gens précis, à un peuple ou à
l'humanité entière, le prophète ("nabi" en arabe)
reçoit la révélation qu'il destine à un nombre
restreint de personnes, voire qu'il doit tenir
secrète. Ainsi, le messager (rassoul) est un
prophète (nabi) qui a été envoyé par Dieu, muni de
nouvelles prescriptions (rissala). Aussi, un
messager est-il forcément un prophète, mais
l'inverse n'est pas toujours vrai.
En outre, la tradition islamique rapporte qu'il y a
cent vingt-quatre mille prophètes et trois cent
quatorze messagers. Le Coran réticent les plus
importants d'entre eux, a savoir: Adam, Noé, Idriss,
Saleh, Abraham, Houd, Loth, Jonas, Ismail, Isaac,
Jacob, Joseph, Ayoub, Shoib, Moise, Haron, Yassaa,
Zoulkifl, David, Zacharie, Salomon, Ilyas, Jean,
Issa (Jésus) et Mohammad (Mahomet) (que la paix et
la bénédiction soient sur lui).
Or, le Coran nous relate l'histoire de certains
d'entre eux pour que nous les prenions en exemple
dans notre vie quotidienne et que nous tenions de
développer le plus possible les qualités dont ils
ont fait preuve au cours des épreuves auxquelles ils
ont été confrontés durant leur existence terrestre.
C'est ainsi qu'en Islam nous croyons en tous les
prophètes et que nous les respectons tout en tenant
Mohammad (que la paix et la bénédiction soient sur
lui) pour le Sceau des prophètes (Il apporte
l'ultime révélation). Or, nous vénérons
particulièrement ce dernier car, en bouclant le
cycle de la prophétie, il incarne à lui seul
l'exemple de la perfection humaine porté à son
paroxysme.
En outre, pour être un croyant véridique, le
musulman doit l'aimer plus que ses parents, ses
propres enfants et lui_même. A ce sujet, on rapporte
le hadith suivant: " Nous (les compagnons) nous
trouvions, un jour, en compagnie du prophète quand
celui-ci prit soudain la main d'Omar Ibn Al Khatab
qui lui dit alors:" Ö messager d'Allah, tu m'es plus
cher que tout, excepte moi-même. " Le prophète lui
répondit:" Par Allah, Omar, tu n'auras pas la foi
complète tant que je ne te serai pas plus cher que
ta propre vie". Omar lui rétorqua: "Par Allah, tu
m'es plus cher que mon propre être". Le prophète dit
finalement:"Omar, tu es désormais un véritable
croyant."
Qui plus est, le prophète Mohammad (que la paix et
la bénédiction soient sur lui) se distingue des
autres non seulement car il fut le plus persécuté,
mais surtout parce qu'il parachève les qualité
humaines. Il englobe, donc, a lui seul tous les
prophètes, et constitue le paragon des vertus que le
musulman est censé imiter: c'est pourquoi nous
devons, en tant que croyants, étudier ses paroles
ainsi que ses faits et gestes rapportés dans la
tradition (sounnah) pour les appliquer au mieux dans
le dessein de purifier notre âme de ses défauts.
En effet, le prophète montrait la voie de l'Islam
dans sa vie quotidienne en mettant en pratique
l'amour, la bonté, la justice et la générosité. Il
exhortait, ainsi, ses compagnons à être bons les uns
envers les autres, à respecter toute vie, la nature
et les animaux et surtout à être équitable envers
tous, indépendamment de leur statut ou de leurs
croyances. Il disait:"Celui d'entre vous qui voit
une mauvaise action, qu'il y remédie de sa main;
S'il ne peut le faire, que ce soit par parole; et
s'il ne peut le faire, que ce soit par le cœur, et
c'est là le degré le plus faible de la foi."
Il ajoutait encore:" Aucun de vous n'atteindra la
plénitude de la foi tant qu'il ne voudra pas pour
son frère ce qu'il veut pour lui-même." Ou encore:"
N'est pas un vrai croyant celui qui est rassasié
alors que son voisin a faim."
En définitive, le croyant doit ennoblir sa
personnalité en faisant du "bien agir" la maxime qui
définit son comportement et une condition du
perfectionnement de sa foi. En ce sens, il a pour
mission d'être doux, patient et pieux, incarnation
vivante du strict défenseur de la justice pour Dieu,
sans attendre ni louanges ni remerciements des
humains.
Texte écrit par: Catherine Candellier (Khadija
Abderrahim)
Notes:
Jihad: ce mot désigne les efforts que l'homme
déploie pour tenter d'endiguer les pulsions de
violence et d'agressivité qu'il porte en lui. Sur le
plan social, militaire et économique, il veut dire "résister"
à l'agression, à l'injustice et à l'exploitation.
Satan: (Iblis en arabe)
Dans la tradition musulmane, le diable n'est pas, à
l'instar de la religion chrétienne, un ange déchu:
tandis que les anges sont crées de lumière, il
représente, quant à lui, l'être maléfique, créé de
feu, qui a refusé d'obéir à l'ordre de Dieu de se
prosterner devant Adam, revendiquant sa supériorité
sur l'homme, créé de terre alors que lui a été créé
de feu.
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